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dimanche 2 septembre 2018

La Carélie 2

Je continue mon tour de lac
Les villes comme les villages sont très aérés et de nombreux parcs fleuris avec des aires de jeux pour les enfants 

 Partout des travaux dans les villes, villages, sur route comme si la Carelie russe était en reconstruction. Mais je pense que les rudes mois d’hiver où la neige ne cesse de tomber n’épargnent ni routes ni habitations.







De nombreux cimetières et monuments aux morts de la guerre d’hiver (39-40) entre Finlandais et Russes me permettent de faire des pauses car aucun endroit où s’arrêter pour pique-niquer.


Dans un Hameau j’ai dormi chez une très belle grand mère de 80 ans, sa maison aussi  fatiguée qu’elle débordait de souvenirs. là encore beaucoup de prévenance et de gentillesse malgré la difficulté d’échange verbal.






A Priozersk je me suis reposée deux jours. J’ai flâné dans cette ville calme aux nombreux parcs. J’ai souvent croisé des familles avec de très jeunes enfants. J’ai rencontré Piotr et sa famille dans l’hôtel de Priozersk  













Après Priozersk,  65 kms de piste où je glisse régulièrement j’étais exténuée et tout en poussant mon vélo dans une des multiples montées je m’apprête à rechercher un coin pour bivouaquer car aucun village ni hameau à l’horizon quand une jeune femme arrête sa voiture et me demande si j’ai besoin d’une aide. Je lui explique via Google que je cherche un hôtel, une guest house ou un coin pour planter ma tente. Aussitôt elle me propose son logis, une datcha rustique à 20kms en pleine campagne. D’accord et elle m’explique la route. Très bien dans 2 h lui dis je en calculant large.
J’ai mis plus de 2 heures étant le plus souvent à pied sur une piste impraticable à vélo.








Dans le hameau elle m’attendait sur le chemin Nous arrivons à sa datcha vraiment « rustique » pas d’eau courante mais l’électricité. Son mari, Youri a préparé le banya sauna qu’il a construit tout en rondins de bois, superbe. Ce sera mon logis car un matelas est installé à l’étage. Je sentirai toute la nuit cette odeur si délicieuse du bois de bouleau, odeur que je respire souvent sur la route en traversant les forêts. Dans leur vieille datcha qui date de 1938 une cuisine, une chambre et une pièce dans laquelle Youri élevé une centaine de cailles. Ça piaille et hume bon la campagne. Ils ont un appartement à SPb . Sacha travaille dans un cabinet dentaire à SPb une dizaine de jours d’affilé puis rejoint la datcha où Youri construit une nouvelle maison.






Sacha et Youri (devant le banya)

Intérieur du banya

Nouvelle construction 

Le lendemain nous partons cueillir des champignons dans la forêt toute proche.

Au retour Youri a préparé le barbecue et les brochettes que Sacha fait griller


Sacha et ses chiens 

Depuis mon départ de Petrozavodsk je suis dépassée par d’énormes camions avec remorque qui transportent des troncs d’arbres équarris, je les trouvais un peu grands et gros pour garnir les poêles.




En fait je compris mon erreur en arrivant à Svetogorsk; une usine impressionnante de papier domine la ville. Tous les camions se dirigent vers cette usine. Combien de tonnes de bois servent ainsi à fabriquer le papier!

Passage rapide et facile de la frontière à Svetogorsk 

J’ai pédalé 650 kms de Petrozavodsk à Svetogorsk La frontière entre la Russie et la Finlande.




mercredi 29 août 2018

Île de Valaam

Du lac Onega j’ai pédalé 250 kms  pour rejoindre le lac Ladoga. 
Je llonge le Ladoga, lac le plus vaste d’Europe (30 fois le lac Léman);  longer plutôt je dois contourner ses rives abruptes et découpées. Pour la pauvre cycliste tout le long ce ne sont que virages et montagnes russes. Des panneaux signalent les dénivelés de 6% à 12% mais les dénivellations ne s’étalent que sur les 20 derniers mètres, soudain la route monte brutalement et plusieurs fois j’ai terminé à pied en poussant le vélo. Je monte et descends sans arrêt.




Sortavala
Ville importante au nord du Lac. Lyuda, une amie d’Anastasia me fait visiter la ville. Je remarque les nombreuses banques elle m’explique que Sortavala a toujours été un lieu de passage entre Finlande et Russie tantôt appartenant à un état et tantôt à l’autre au gré des accords, des désaccords et des guerres. Les échanges se faisaient dans cette ville qui a donc développé commerce et finance. Aujourd’hui elle s’endort doucement bercée par le clapotis du Ladoga.








Lyudia 










L’île Valaam 

J’avais précisé à Lyuda que je ne voulais pas prendre une excursion ne comprenant pas le russe. Donc après renseignement il suffisait que j’achète mon billet À/R auprès du capitaine du bateau le jour du départ. Donc le matin une demie heure avant le départ je me rends sur le quai et  je reconnais le capitaine à sa magnifique casquette. Je lui tends l’argent en échange d’un billet « niet » me dit-il et il me tient un long discours. J’insiste , il se détourne et m’ignore. J’avise un autre gradé et lui demande la même chose, même réponse « niet » je tente de trouver autour de moi quelqu’un parlant anglais mais impossible. Désespérée je me résous à déranger Nadia à Petrozavodsk. Le capitaine ne veut plus me voir, aussi je lui colle le téléphone à l’oreille et entendant parler russe il écoute et s’explique. En fait je devais m’inscrire à l’avance dans une agence afin d’apparaître sur sa liste. Nadia fait toutes les démarches et je prends le bateau de 11h avec le même capitaine car l’hydroglisseur effectue la navette entre Sortavala et l’île (1h):





Encore une merveille de monastère niché sur un promontoire qui domine toute l’île.
Cette île est assez grande aussi je loue un vélo électrique, une première, et je pars à la découverte des ermitages et chapelles qui parsèment l’île. Grande quiétude, En chemin Je discute avec Constantin, un moine qui connaît quelques mots de français. Il partage sa vie monacale entre jardinage, préparation des repas et prières. Tous les moines travaillent.








Monastère.  Interdit aux femmes 









Constantin 





Et puis la cathédrale où se joue une messe. 





Soudain j’entends des voix qui chantent et me dirigeant vers elles je pénètre dans une chapelle où 5 moines chantent à capella des cantiques ; l’émotion me saisit comme à Kiji. Je les écoute et les réécoute car ils chantent assez longtemps pour les touristes russes qui sont venus se recueillir au monastère










« La schola de Valaam a tellement travaillé le matériau de la voix que des disciples provenant des quatre coins de la Russie viennent y emprunter techniques et inspiration. Le chant orthodoxe produit des harmonies qui peuvent paraître exotiques à nos oreilles puisqu’il se fonde sur des gammes héritées de la théorie musicale de la Grèce antique. » Internet 



Seul bémol : sous l’ère soviétique les moines ont quitté l’île et le monastère a abrité une usine de pâtes puis une base militaire. L’eglIse a subi de graves dommages ainsi que les chapelles environnantes. Puis les moines sont revenus peu à peu et avec l’aide des habitants le monastère et la  cathédrale furent  reconstruits. Le haut clergé orthodoxe a alors mis main basse sur l’île et les iliens ont été priés d’aller voir ailleurs. Ceux qui restent continuent de revendiquer leur bien mais pot de fer contre pot de terre......

vendredi 24 août 2018

La Carélie


Le dernier soir Anastasia avait préparé une soupe « chi » et Seroja avait cuisiné un ragoût d’élan aux poivrons avec les cornichons, le fromage et les pommes de terre : un délice.
Ce fut difficile de se quitter. Nous avions les larmes au bord des cils. Nous avions su nous apprécier.
« Et je m’en fus au vent mauvais qui m’emporte deçà de là pareil à la feuille morte » 
sur une route principale au trafic important sans place pour le vélo.

A Prazha je quitte enfin cette route et pénètre dans un village qui s’étire le long d’une rue qui n’en finit pas. Elle est bordée de petites maisons et d’immeubles à 3 où 4 étages tous identiques gris ; je les retrouverai dans chaque village traversé. 





Le magasin




Le Lendemain dans la campagne de Carélie entre forêts et lacs: superbes paysages qui me rappellent la Laponie.je m’arrête pour demander où se trouve le café. A 40kms me répond un homme au superbe teeshirt qui m’offre des pirachki, petits pâtés à la viande qu’il vend dans les villages. 


Je reprends la route et 300m plus loin un monsieur à vélo me fait signe. Je m’arrête et il me dit « borch, dom » ok’ je le suis et nous montons au 2eme étage de l’immeuble gris. 
Dans une pièce minuscule une petite table et un lit qui sert de canapé où son fils de 3 ans fait des galipettes en regardant les dessins animés. Il m’apporte un bol de borch une assiette remplie de fines tranches de lard et un petit verre de vodka. Il m’explique que les trois se mangent ensemble. Je décline la vodka déconseillée aux cyclistes.
Nous discutons via Google. Avant de partir il m’offre un magnet de l’île de vàlaâm que je dois absolument visiter.
En partant je vais saluer sa femme qui est restée dans la cuisine.








Un autre soir je cherche en vain un hébergement. Je quitte la route principale et pédale sur  un  chemin de terre qui monte à un hameau , quelques maisons éparses et 3 immeubles décatis. En haut d’un terre-plein et dominant le lac une adorable église bleue et jaune. Je décide de bivouaquer à l’ombre de La Croix orthodoxe face au lac. J’admire le soleil qui se couche en dardant ses derniers rayons sur l’eau qui en rougit.








Belle nuit; je plie bagage à 7h30. La route 121 est belle, large. Les bas côtés sont en sable et silex interdits pour moi. La bande d’arrêt d’urgence est minuscule et je ne peux pas rouler dessus. Pas de  limitation de vitesse, pas de radar, pas de policier  les conducteurs foncent parfois me frôlent et me déstabilisent.
Au bout de 60 kms je trouve LE café. Anastasia l’avait repéré et téléphoné pour savoir si je pouvais y dormir. Donc quand j’arrive la patronne n’est pas étonnée et m’ouvre une vaste salle où elle entrepose ses tables et ses chaises. Au fond de cette pièce elle a installé un lit pliant afin que je puisse dormir. Thé et salianka me sont servis dans la salle du café. Soudain dehors c’est le déluge.. Avant de rejoindre mes pénates le patron Igor m’offre un verre de vodka que je bois cette fois avec lards et cornichons.
Il pleut toute le nuit.
Super petit déjeuner : soufflé aux champignons, saucisses, crêpes arrosées de crème et thé aux herbes. Je pars la panse bien remplie.

Saint Petersbourg - Mourmansk 



Un jour d’enfer sur la 121
Cette superbe route 121 se transforme en enfer avec la pluie et le trafic. Les bus et les cars ne dévient pas d’un pouce pour me dépasser ce qui non seulement me déstabilise mais m’éclabousse et m’aveugle. 
A un moment je suis enfin seule et tranquille quand Soudain je vois sur ma gauche une bête couleur fauve, chien, loup ou chien-loup, qui traverse la route et me court après. Prise de panique j’appuie de toutes mes forces sur les pédales 34,38,45 heureusement la route descend; l’animal sans un bruit ni aboiement ni grognement se rapproche ; je hurle sur le vélo quand une voiture arrive en face, de ma main gauche je lui fais signe d’empêcher ce monstre de me poursuivre. Toujours à fond sur mes pédales je me retourne et ne le vois plus, je continue ma course le cœur battant la chamade. Je ne m’arrêterai que 10kms plus tard en tremblant encore de peur.
Je suis trempée mais je ne sais si c’est pluie ou « sueur froide » comme dirait Alfred.
A Koyrinoya je rejoins enfin le Lac Ladoga et trouve un hébergement près de ses eaux calmes.
Je m’aperçois alors que je n’ai qu’un méchant trognon de pain et une banane à manger, pas de restaurant ni de magasin à l’horizon.
Quelle journée !!!!